A la découverte de Putre
Départ d´Arica vers 17 heures 18 minutes (heure de fermeture des bureau de la Conaf à Arica!), aprés 2 heures d´attente de notre chauffeur. Le chauffeur, c´est Ernesto, le guardaparque du "Salar de Surire".
La monté à Putre, nous l´avons faite en même temps que le soleil plongeait dans l´océan. Tout au long des 2 h 1/2 de route, nous avons d´abord parcouru la vallée de la Lluta, dont le fond baigné par un mince fleuve est pris d´assaut par les cultures, maïs, légumes et autres. Dans les parties plus sèches, les élevages de poulets en batterie prennent la relève : hangar sur pilottis qui parsemment la vallée.
Puis, la route monte et prend la direction des sommets, en fait on reste longtemp autour des 1000 m, dans un paysage désertique, lunaire, travaillé par les vents et creusé par les torrents qui naissent, fugaces, lors des pluies de janvier/février.
Aprés avoir doublé quelques dizaines de camions, la route reprend le chemin des cîmes et un peu plus haut, les Cactus Candélabres entâchent la montagne ocre. Le soir, avec le coucher du soleil, le ciel se teinte de rose, d´orange. Si on ouvre la vitre de la voiture, on sent le froid qui pénètre dans l´habitacle, aucun doute, on a quitté le pacifique et sa douceur nocturne.
Puis vient Putre, On y arrive de nuit, les maisons sont basses, l´éclairage faible, les routes empavées secoue le pick-up. Puis c´est l´arrêt à la pépinière d´altitude de la Conaf. Fin du voyage.
Les jours suivants, nous avons mieux parcouru ce village surplombé par le volcan Taapaca...
C'est un village très ancien, bien qu'il ne reste que peu de traces de ses origines (quelques peintures rupestres). Après l'époque préhistorique, c'est le peuple Aymara qui peuplait alors le village, et qu'il nommait Murmullo de Agua, qui a été traduit Putire, et aujourd'hui Putre.

Les maisons basses, colorées, rangées dans des rues ou des chemins qui se croisent à angle droit...


L´église, monument national qui date de 1670, clocher rustique et trapu séparé du reste du bâtiment.

L'influence espagnole se fait sentir dans l'architecture de certains bâtiments de Putre (il reste de nombreux encadrements de portes datant du XVIIème siècle). En effet, la ville était un poste avancé pour le contrôle des populations autochtones.
Mais Putre n´est pas qu´un petit village d´altitude, rural et agricole... On y trouve entre autre, une garnison de six cents hommes (pour 1200 habitants) qui gardent les frontières entre Chili, Bolivie et Pérou, un petit hôpital (le seul à une bonne centaine de kilomètres à la ronde), des agences de voyages proposant des tours sur l´altiplano, quelques hôtels, écoles et collèges, épiceries et une station d´astrophysique où sont étudiés les rayons solaires.
Pour en revenir aux activités agricoles, l´altitude raisonnable permet l´élevage bovin et ovin, tandis que les cultures (luserne principalement) s´étagent sur des terrasses mises en place sur les versants proches. Des canaux d´irrigation sillonent des plateaux étroits entaillés par des gorges où, à cette époque, s´écoulent de petites rivières.


Nous logeons aux abords de la garnison, au siège de la Conaf à Putre, pépinière d´altitude, bureau principal du Parc Lauca (et aussi petit refuge).